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LES VISITEURS DES COLONIES

Angoulême accueillait des soldats invalides, et c'était aussi un lieu célébré pour son air, réputé particulièrement sain. Il y avait des chirurgiens et des apothicaires, dont certains, ainsi que les aubergistes de la ville, accueillaient les visiteurs de parties lointaines de l'Empire français. Une jeune femme de vingt-sept ans, Marie Lenoir, était décrite dans le registre de Saint Paul comme étant morte en 1786 « chez Mr. Merilhon me en chirurgie a son passage en cette ville ». Elle était la veuve de M. Lebrun, « mort au Sénégal il y'a environ deux ans ». Thomas  Sutton mourut dans la ville en 1782, à l'âge de 60 ans, alors qu'il demeurait à l'Hotel de la Table Royal, tenu par M. Riffaud. Il était l'un des directeurs de la Compagnie française des Indes orientales, propriétaire à Saint-Domingue, et entrepreneur de la traite négrière dans l'océan Indien. L'air d'Angoulême attirait aussi des officiels à leur retour de l'outremer. Claude Ogerdias, qui avait servi la Compagnie néerlandaise des Indes orientales au Bengale, prit sa retraite en 1773 à Angoulême, où il acquit la charge de maitre particulier des eaux et forêts. Ses deux filles, Jeanne Françoise et Agathe Jeanne Françoise, restèrent dans la ville et y moururent en 1849, à huit jours d'écart l'une de l'autre. Agathe Jeanne Françoise, qui était née à Angoulême en 1775, était décrite comme une « propriétaire ». Jeanne Françoise était sœur à l'hôpital d'Angoulême ; elle était décrite comme étant née à Pondichéry en 1767. Une petite fille âgée de deux ans et dix mois, Marie Joseph Berthoumieu, enterrée dans la paroisse de Saint André en 1779, était originaire de Saint-Domingue ; son défunt père vivait « a la ravine de la cartier de la paroisse de notre dame de l'assumption des cayes du fonds isle avache cote St Domingue. »

Des chirurgiens de la ville faisaient tour à tour le chemin vers ou depuis les colonies. Antoine Pissier, « maitre en lart de chirurgie », ainsi reconnu par le conseil souverain du Cap François à Saint-Domingue, était à Angoulême en 1765, et épousa Rose Civadier, la fille de l'intendant de police de la paroisse de Saint Paul. En 1772, deux des frères de sa femme étaient eux aussi à Saint-Domingue. Abraham François Robin, le fils d'un chirurgien d'Angoulême, partit pour l'île de Saint Vincent, dans les petites Antilles (cédée par les Français aux Britanniques en 1763, par les Britanniques aux Français en 1779, et par les Français aux Britanniques en 1783). Il se décrivait à son retour à Angoulême comme « ancien chirurgien major de l'isle St. Vincent ». Il avait épousé une femme anglaise, Elizabeth Stubbs. A sa mort en 1833, à l'âge de 82 ans, il était décrit comme s'étant retiré en tant que « collecteur des impôts indirects ».

Louis Gabriel Latour, fils d'un maître de dance à Saint André, devint maître chirurgien sur une plantation esclavagiste d'Artibonite, à Saint-Domingue. Il écrivit en 1772 à son père sur les difficultés d'échanger des informations entre Angoulême et Saint-Domingue : ses propres lettres avaient étaient retardées, et la lettre de son père avait été ouverte par un autre chirurgien de l'île, lui aussi nommé « Latour ». Il envoyait ses meilleurs vœux à « Mlle de Boisnoble », et avait pu établir que « Lhabitation de mr son frere consiste dans unne cafféiére avec quelques négres et quelques animeaux », qu'il décrivait plus en avant à M. Deraix. La  plantation, a t'il compris, prendrait cinq ans à liquider, bien que Latour n'eût pas encore reçu de réponse à une lettre demandant des détails supplémentaires ; il n'avait pas vu « M. Leconte », qui était à Port au Prince, pour lui donner une lettre de « David » ; il avait écrit au Cap [Français] pour obtenir des informations sur un dénommé Dusouchet, informations qui s'étaient avérées impossibles à trouver. L'adresse correcte de Latour lui-même était "maitre en chirurgie demeurant sur les Biens de messieurs les héritiers de Laville a la plaine de l'Artibonite cartier de St Marc ille St Domaingeue."

 

Sources: GG90/155,131; GG75/43; GG45/173; GG68/95; GG41/30 ; 1E151/88,91; 1E102/7. "Marriage du sr. Pissier et de la dlle. Civadier," 12 décembre 1765, "Procuration donnée  par la dlle. Chauvineau, veuve de sr. Civadier," 11 avril 1772, ADC, Caillaud, notaire, 2E283, 2E295; Louis Gabriel Latour de Saint-Domingue à Marc-René Lefort Latour in Angoulême, 8 août 1772, Caillaud, notaire, 2E296.
Louis M. Cullen, "Irish businessman and French courtier: the career of Thomas Sutton, comte de Clonard, c. 1722–1782," 86-104; F. Lequin, Het Personeel van de Verenigde Oost-Indische Compagnie in Azie in de Achttiende Eeuw (Leiden, 1982); ADC, B 140/58, Eaux et Forêts

Sojourners in Context

 

 

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