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L'archive de l'archiviste »

SOEURS


L'un des romans familiaux de l'Angoulême révolutionnaire débuta le 6 pluviôse, an II, lorsque deux sœurs, toutes deux appelées Françoise Coupeau, filles d'un journalier – l'une des sœurs était âgée de 23 ans, l'autre de 25 ans – épousèrent deux frères dénommés Marc et François Andraud, fils d'un fermier du village de Torsac.

Un peu moins de sept ans plus tard, le 13 frimaire an IX, Françoise Coupeau aînée apparut à la mairie d'Angoulême, précédée de cinq citoyens de la ville « qui ont déclaré avoir particulierement connu le dit Marc Andreau pour être l'époux de la ditte Françoise Coupeau l'ainée et qu'il est absent de cette commune d'Angoulême depuis environ huit ans que depuis cette époque il n'a pas paru et qu'ils n'ont pas connaissance qu'il a donner de ses nouvelles ». La déclaration fut acceptée, et déposée aux archives de la mairie. Françoise demanda, « à haute voix », que son mariage fût dissous, et ce fut fait. Françoise Coupeau la jeune apparut alors, elle aussi avec une déclaration de cinq citoyens de la ville affirmant qu'ils connaissaient François Andraud, qu'il était absent de la ville depuis environ huit ans, et qu'il n'avait pas donné de nouvelles. Elle aussi demandait que le mariage fût dissous ; et ce fut fait.

Quelques jours plus tard, le 18 nivôse an IX, Françoise Coupeau la jeune épousa un tailleur de pierres d'Angoulême, Jean Clochard. Quelques autres mois passèrent. Le 8 prairial de la même année, Françoise Coupeau aînée épousa le frère aîné de son beau-frère, un fermier d'Angoulême ; son nom était aussi Jean Clochard. Un an plus tard, le 2 fructidor an X, Françoise aînée et Jean l'aîné (c'est ainsi qu'ils étaient identifiés dans le registre) eurent une fille, Marguerite. L'année suivante, le 19 ventôse an XI, Françoise la jeune et Jean le jeune eurent aussi une fille. Elle s'appelait Louise. Espérons qu'ils vécurent heureux, eux et leurs enfants.

 

1E2/72,73; 1E23/17-18,19,25-26,60-61; 1E25/138; 1E32/83.